Avant de passer une journée avec le CADA 28 – et pas n’importe quelle journée…vous en saurez plus un peu plus bas… – voici une rapide présentation du service :
Le CADA de Châteaudun et son antenne de Chartres accueillent des familles et des personnes isolées. (l’établissement dispose d’une capacité d’accueil de 124 places).
Les familles et personnes accueillies sont toutes dans un processus de demande d’asile et ont obligatoirement déposé un dossier d’instruction.
Les professionnels du CADA 28 considèrent qu’ils sont les premiers leviers dans le processus d’inclusion sociale des demandeurs d’asile qui leur sont confiés.
Ils sont, dans cette perspective, non seulement des accompagnants sociaux dans le cadre d’un projet individualisé adapté aux personnes, mais également à la fois des traducteurs, des médiateurs et des ressources pour les personnes et familles qui leur sont confiées.
Ils considèrent donc que l’un des aspects fondamentaux de leur mission consiste à accompagner les personnes, dans la mesure de leurs possibilités, vers l’inclusion sociale et l’autonomie.
Les missions mises en œuvre par l’équipe
Le cœur de mission des professionnels du CADA consiste en l’accueil des personnes de nationalité étrangère et titulaires d’un statut de demandeur d’asile et leur installation dans les appartements meublés mis à leur disposition pour une durée variable, en vue de leur insertion sociale en situation d’autonomie.
Ces missions se traduisent dans un grand nombre de services concrets, directement et/ou avec les partenaires de CADA et notamment :
Le public actuellement accueilli
Le CADA accueille en priorité des familles et des personnes isolées. Elles sont orientées sur notre service par le Dispositif National d’Accueil.
Le CADA accueille et héberge des personnes qui ont été contraintes de quitter leur pays où elles étaient en danger. A leur arrivée en France, elles vivent généralement un parcours chaotique et précaire. Lors de ce parcours, elles ont déposé une demande d’asile qui le plus souvent n’a pas été réalisée dans des conditions optimales (manque de temps, d’interprètes, de savoir-faire…). Par ailleurs l’introduction d’une demande d’asile n’est pas forcément la priorité pour une personne qui tente de survivre dans un pays inconnu.
Au CADA, elles sont accueillies et peuvent enfin se « poser ».
Accueillir, c’est permettre à la personne de sentir qu’elle est la bienvenue, qu’elle peut « se poser », qu’il ne s’agit pas d’un hébergement précaire même s’il est provisoire, que s’il n’y a pas de garanties de pouvoir rester en France, un cheminement va tout de même pouvoir se faire ensemble.
Etre accueilli, c’est aussi être reçu cordialement au quotidien. Le demandeur d’asile est accompagné en tant que personne.
Accompagner, c’est aider à vivre au quotidien par la prise en compte des besoins primaires (alimentation, hébergement, soins, hygiène, scolarisation, repérage spatio-temporel…)
Au-delà de ce travail au quotidien et des valeurs que véhicule l’ensemble de l’équipe du CADA, le travailleur social aide la personne à étayer son dossier de demande d’asile. Elle va, en effet, devoir justifier du bien-fondé de sa demande de protection devant les autorités compétentes (OFPRA et CNDA). Il ne lui suffit pas de raconter son vécu, elle va devoir prouver par tous les moyens que ce qui motive sa demande de protection est la réalité.


Une journée… à Beauval avec le CADA 28 (et par le CADA 28)
Après plusieurs mois de confinement et de restrictions dans les activités proposées aux résidents du CADA 28, nous avons enfin pu organiser une sortie. Enfin un temps pour l’équipe de se sortir la tête des dossiers administratifs et juridiques et une journée pour les résidents pour ne plus penser à leurs histoires de vie et à l’attente de la réponse à leur demande d’asile en France.
Ce mardi à 8h30, presque la totalité des résidents du CADA était dans les 2 bus réservés pour l’occasion. Direction le Zoo de Beauval.
45 personnes dans le bus de Châteaudun et 30 personnes dans celui de Chartres.
A l’arrivée, PRESQUE tout le monde avait son pique-nique, PRESQUE tout le monde avait son passe sanitaire, PRESQUE tous les enfants n’avaient pas vomi dans le bus…
Mais heureusement que l’éducateur a réponse à tout et qu’il a de bonnes compétences en négociation.
La magie du zoo a opéré dès les premières minutes de la visite :
« Trop mignons les petits bébés canards »
SOHANNA : « Maman, c’est quoi ces grands oiseaux de toutes les couleurs ? »
« Ce sont des perroquets, ma fille »
TAYEB, 6 ans, à JABRAIL, 5 ans : « Regarde l’énorme zoiseau, celui-là il peut t’attraper et t’emmener dans son nid sur la montagne pour te donner à manger à ses enfants ! »
Ce qu’on retiendra de cette journée ce sont, entre autres, les larmes de joie de HANISSA, KADIJA et KHAVA, 3 petites filles russes devant les girafes, une jeune maman qui courait d’enclos en enclos en poussant des cris de joie, quelques frayeurs dans les cabines du téléphérique et au spectacle des oiseaux (notamment une collègue qui a la phobie de tout ce qui vole !).
Après un an de confinement, les enfants auront des choses à raconter à leurs camarades d’école, et les demandeurs d’asile auront de jolis souvenirs quoi qu’il arrive dans leur situation administrative future.
L’équipe du CADA 28
