Actualité - Protection de l'Enfance

Médiation animale : Des chiens de Leonberg à la MECS

Valérie Richetier est éducatrice spécialisée à la MECS. Elle est aussi éleveuse de chiens de Leonberg. Le caractère de ce chien l’a encouragé à proposer des séances de médiation animale avec les jeunes de la MECS.

Elle revient sur ce qui l’a poussé à organiser ces séances, sur leur déroulement et sur les bienfaits observés.

Le Leonberg est un chien imposant (entre 50 et 75 Kgs) et volumineux mais qui est très placide et qui est souvent utilisé en médiation animale, du fait de son caractère très docile. C’est suite à la demande de plusieurs jeunes de la MECS, de pouvoir rencontrer mes « gros chiens » que j’ai eu l’idée de mettre en place ce projet. La première chose à faire était de créer des interactions entre les jeunes et les chiens ; un effectif réduit, sur des temps de week-end ou de vacances furent donc les formats privilégiés.

 

Quelles étaient les interactions attendues ?
Cela dépend du profil de chacun. Je pense que la présence du chien peut être vraiment apaisante pour certains jeunes, elle peut réduire l’anxiété, les angoisses, l’impulsivité voire l’agressivité. En général, le chien apporte un soutien affectif, il rassure par sa fidélité, sa disponibilité et son pouvoir d’écoute sans jugement. Le chien est capable de créer une complicité immédiate avec les personnes rencontrées.

 

Pour quels objectifs ?
Les interactions ont d’abord permis l’expression et la gestion des émotions autour de la relation : confiance, peur, réciprocité, échange, etc.

Dans un second temps, l’objectif fut d’améliorer les relations sociales des jeunes, dans la vie de tous les jours.  Le chien peut-être aussi médiateur entre les différents individus dans la relation jeune/adulte et dans la relation jeune/jeune. Grâce à son comportement, le chien a aussi le pouvoir de donner ou de redonner confiance, il oblige à communiquer et il stimule aussi l’imaginaire et la créativité.

 

Comment se sont organisées les séances ?
Par petit groupe, et en matinée à cause des chaleurs estivales les après-midis.

En plus des objectifs pédagogiques et émotionnels, je souhaitais aussi apprendre aux jeunes à respecter le chien (éthique animale, bien-être du chien) : comment s’occuper d’un chien, quels sont ses besoins biologiques ?

Les jeunes ont pu brosser le chien, le promener en ville, tenu en laisse, toujours accompagnés par moi-même.

Les jeunes ont dû apprendre la communication verbale et non verbale avec le chien, avec des gestes associés à certains mots que le chien connaît depuis qu’il est tout petit.

Respecter les consignes et favoriser le sens des responsabilités vis-à-vis du chien ont fait aussi partie des objectifs.

 

Quel bilan faites-vous de cette expérience ?
Globalement je suis très satisfaite des deux premières séances. Les interactions ont eu lieu et les objectifs sont atteints.

La verbalisation des émotions pendant les séances a permis d’élargir à des situations plus personnelles, le comportement des jeunes vis-à-vis des chiens a donné lieu à beaucoup d’échanges, de questionnements…

Nous avons décidé de poursuivre et de proposer d’autres séances. J’ai d’autres chiens à leur présenter ! Ce qui permettra peut-être à certains jeunes plus en retrait de rentrer l’atelier.

Valérie Richetier, éducatrice spécialisée

Médico-social Institutionnel

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