Actualité - Cohésion sociale

L’équipe mobile sociale : la proximité en action(s)

La météo hivernale nous rappelle chaque année la situation des personnes en rue. Mais comme me l’a précisé José Pires-Diez, Directeur du secteur d’activité de la Cohésion Sociale, quand il m’a encouragée à prendre contact avec l’EMS, leur travail ne s’arrête pas à la fin de l’hiver et il ne s’arrête pas non plus aux maraudes. C’est bien toute l’année et quotidiennement que l’équipe œuvre auprès d’un public vulnérable, isolé et en errance.

Quand Delphine Bondoux, la secrétaire du service m’accueille, elle m’explique que la réunion d’équipe n’est pas tout à fait terminée ; ce matin, l’Equipe Mobile Psychiatrie Précarité devait se joindre au point.
L’EMS et l’EMPP travaillent en partenariat et sur des maraudes communes. Si l’EMPP intervient plus spécifiquement auprès des personnes présentant une souffrance psychique ou une pathologie psychiatrique, j’apprends au fur et à mesure de notre entretien que plusieurs autres partenaires se joignent régulièrement au travail de l’équipe.
Parmi eux :
la Croix Rouge, qui peut notamment fournir des couvertures ou du matériel,
le CAARUD (Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues), pour leur expertise liée aux addictologies
le CCAS (Centre Communal d’Action sociale) d’Orléans Métropole, pour des maraudes administratives visant, entre autres, les domiciliations des personnes sans domicile

Autant de partenaires précieux qui permettent à l’EMS de mener à bien ses maraudes.
Mes collègues de l’EMS me précisent qu’ils maraudent toujours en binôme : soit 2 professionnels de l’EMS, soit un professionnel de l’EMS et un professionnel partenaire.

Et d’ailleurs, concrètement, c’est quoi exactement une maraude ? Qu’est-ce que cela englobe ? Quels sont les objectifs ?
Une maraude, c’est repérer les personnes sans domicile, c’est créer du lien, c’est évaluer leurs besoins, c’est apporter une écoute, et c’est aussi accompagner les personnes le désirant vers leurs droits (administratifs, d’hébergement, de logement ou d’emploi) et vers des soins de santé, le tout, dans le but d’amorcer un processus d’insertion.
Pour certaines personnes, celles qui n’auraient pas envie d’accompagnement, les maraudes se résument à une veille : veiller pour pouvoir protéger.

Et pour ce qui est de repérer les personnes sans domicile ?
Cela peut-être des signalements : provenant d’autres professionnels, ou des appels de particuliers,
C’est aussi et surtout des repérages spontanés, au hasard du travail de rue,
Cela peut-être également via des recherches de squats : autre grande mission de l’EMS. La découverte de squats permet souvent l’identification et la prise en charge des personnes qui le souhaitent.

Comment l’équipe accède à un squat ?
Collégialement, l’équipe me répond « on découvre d’abord le lieu, on identifie le ou les points de sortie, on s’annonce. Puis, on entre en contact, on utilise des outils qui peuvent amorcer et faciliter l’échange, un café, un thé, une soupe, de l’eau, on propose une couverture de survie… Quand le contact est créé et la méfiance levée, on essaie d’appréhender la situation de la personne ».

À chaque maraude, l’équipe doit assurer un suivi de ses missions, référencer le nombre de personnes vues, le nombre de personnes sans solution, renseigner un tableau qu’elle envoie enfin aux services de l’état.
Aujourd’hui, l’équipe dénombre environ 160 personnes accompagnées par an. Elle ajoute que le nombre de personnes rencontrées est quant à lui beaucoup plus important…
Si le périmètre d’intervention de l’EMS est l’agglomération d’Orléans, il est déjà arrivé que l’équipe étende ses actions en cas de signalements : Meung-sur-Loire, Châteauneuf, Ardon…

Les mercredis, Astrid Hemeray, socio-esthéticienne, intervient pour des soins en rue ou pour des soins donnés directement dans son local. Avec elle, les personnes accompagnées travaillent sur l’estime de soi, se réapproprient leur corps ; ce sont des moments privilégiés qui permettent d’apaiser les angoisses.
Astrid travaille également avec l’Accueil de Nuit. C’est une collaboratrice précieuse qui aide à l’accompagnement global.

Fabienne Beaudenon, la cheffe de service précise qu’un récent appel à projets va permettre à l’EMS de se doter de tablettes et de téléphones, et ainsi faire des « maraudes connectées ».
Nommé Maraud’IN, ce projet va permettre de développer l’usage du numérique dans l’accompagnement social et ainsi de favoriser l’accès aux droits. Les professionnels de l’EMS auront désormais à disposition le matériel nécessaire pour accompagner les personnes sans-abri pour effectuer leurs démarches administratives, répondre à leurs besoins en équipement numérique (crédit téléphonique, recharge téléphonique…).
Avec les professionnels du Relai Orléanais, co-acteur du projet, l’équipe du Service de Proximité suivra prochainement une formation pour s’approprier les outils.

Nous terminons ce tour d’horizon des missions de l’EMS, en parlant de temps de convivialité : goûter d’anniversaire, pique-nique, après-midi jeux.
À la question « qui est à l’origine de ces temps de convivialité » ?
Deux réponses : cela peut être l’équipe, quand elle ressent un besoin parmi les personnes accompagnées. Et cela peut-être également organisé à partir d’une demande d’un bénéficiaire.
Récemment, un grand poulet-colombo a été organisé dans les locaux de l’EMS ! Un bénéficiaire a voulu rendre hommage à ses origines martiniquaises et aux professionnels qui l’accompagnent au quotidien. Un beau moment de partage dont la photo illustre parfaitement ce portrait du service !

En me raccompagnant, Fabienne Beaudenon est fière de me préciser que les professionnels qui composent l’équipe sont très investis et très professionnels, que le service est très plébiscité et que Monsieur Scalbert assistant social à la Direction Départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités, accompagne même régulièrement l’équipe lors de maraudes. Une vraie reconnaissance.

À mon niveau, je remercie Fabienne BEAUDENON – Cheffe de service, Delphine BONDOUX – secrétaire, Alexis MARTIN – Assistant de service social, Marina LE GALL – Educatrice spécialisée, Sylvia DA MOTA – Éducatrice spécialisée, Flore GUILLEMINOT – Infirmière, Marie MAZURE – Éducatrice spécialisée, Mélodie DELAUTRE – Éducatrice spécialisée, Maëva HAAS – Éducatrice spécialisée, Alice PIETRE – Éducatrice spécialisée, Céline PELLETIER – Monitrice éducatrice pour leur accueil et pour le temps qu’ils ont bien voulu consacrer à notre entretien.

• Marion Le Coguic, Assistante de Direction Siège

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